Il y a quelques semaines, je sortais d’un weekend un peu déprimé. J’étais pourtant allé courir deux fois, mais un sentiment de non accomplissement se faisait sentir.

J’ai passé un moment pour identifier d’où venait cette sensation et j’ai finalement trouvé : je n’avais rien fait d’exceptionnel. Les deux sorties, je les avait déjà fait pleins de fois, des distances moyenne, aucun défi.

Je me suis dis : Ok, je vais me programmer un sortie trail un peu sympa pour vendredi.

Je vais sur movescount (le site de Suunto) pour faire un tracé, c’est plutôt bien fait, c’est efficace, ça calcule la distance et le dénivelé direct et on peut l’exporter en GPX.

Je termine ma trace, j’me suis fait plaisir : 28km, 1350m de dénivelé.

OK.

L’itinéraire…

Je vais en chier.

Première évaluation du temps : 3h30.
J’me dis ensuite qu’il y a quand même 1300m à grimper… Bon, plutôt 4h30…
Bon, en fait, je vais pas me mettre la pression sur le temps, on verra bien.

Je prépare mon trail et je me rends compte que 2L d’eau, ça risque de ne pas suffire. Je regarde sur la carte et je cherche les points d’eau. Il y en a 2 : un vers le début, un vers la fin, rien au milieu. La pute.
Je vais en chier.

Je continue la préparation et je me dis qu’il faut que je parte tôt pour profiter de la fraicheur. 8h ça devrait être bien. Ça me fait arriver à 12h30, c’est pas mal.
Je regarde la météo, il va faire chaud. Par précaution je décale d’une heure le départ : 7h.
Je vais en chier.

Vendredi, 6h du mat, je me lève, je prépare un thé, je bois tranquille sur le balcon, je regarde le jour se lever, c’est bien cool.
Toutes mes affaires sont prêtes, j’ai l’itinéraire sur mon smartphone et sur ma montre, je vais pouvoir tester ça aussi, c’est top !

7h je suis parti, j’y vais tranquille, je reste dans les 150/160bpm, donc je vais lentement, mais au moins, je ne risque pas d’exploser tout de suite.

Passage par le parc de Buisson Rond, direction Saint Baldophe, arrivée au sommet du Mont Charvais, puis direction la croix de la Coche.
Je fais une halte « point d’eau ». La source coule au goute à goute, je reste pendant 10 minutes à remplir ma poche… Petit repos, j’en profite.

Croix de la Coche, nickel, je suis toujours bien, je continue vers le passage de la Fosse, ça grimpe. Je marche vite tout en surveillant le cardio, toute la montée est à l’ombre sous les arbres, c’est cool. Il fait chaud mais ça va.
Un petit crochet au Bec du Corbeau pour faire des photos et admirer le point de vue et je repars.

Jusque là, tout va bien :)

Arrivé au tunnel, je redescend sur Chambéry par la route du col du Granier, là c’est top, il fait super frais.
Je continue la descente, et là, je part dans la forêt. La navigation sur la montre m’aide bien à trouver les sentiers à emprunter, je me gaufre plusieurs fois, les sentiers sont mal indiqués, très peu empruntés, donc assez difficile à repérer.
Heureusement, la montre vibre quand je m’éloigne trop du tracé, un coup d’œil et hop, je reviens sur le bon chemin !

Avant la dernière montée, là, je fais un pause, j’en suis à 17km et je sens que ça commence à être dur. J’ai déjà fait 900m de dénivelé, il reste encore 400m à faire et 12km.
Je prends un gel à l’ombre d’un arbre, je suis paumé je sais pas trop où, au dessus de Montagnole, ça c’est sûr.

La descente. Enfin, dernière partie. Sur le bitume, en plein cagnard.
Super.
Chaleur.
Soif.
Cramage.

C’est pas du tout agréable, il est pratiquement midi, il me reste à faire 2km, je suis au parc de l’étincelle et j’ai un coup de mou, je marche en mangeant un second gel et en buvant de l’eau.
Je repars en courant pour la dernière ligne droite.

En bas du parc, je croise un gars devant le bâtiment des sports ou je sais pas ce que c’est. Je lui demande s’il y a de l’eau, on cherche ensemble pendant un moment, finalement non. Je repars, ma poche est pratiquement vide.

J’arrive chez moi, je me pose sur le muret un moment. 5h30.

Un voisin passe et me demande : « ah, vous allez courir ? »
– « Non, j’en viens »
– « ah, bien ! Combien de temps ? »
– « 5h30 »
– « Putain ! Mais vous avez l’air frais là pourtant »
Non, j’étais pas frais…

Le résultat sur Strava

C’était super cool ! Je me suis bien amusé, pas ennuyé un seul moment, j’ai encore vu pleins de nouveaux coins que je ne connaissais pas, de beaux points de vue.
Et maintenant, je sais que je suis capable de le faire et de tenir.
Du coup, un trail de 21km ça ne me fait pas vraiment peur, je ne vais pas faire un super temps, mais je sais que je peux le faire !

Vivement les 2 Alpes !

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